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Jeudi 26 juin 2008

Dix-neuf jours. C'est ce qui sépare le dimanche de la finale de l'EURO 2008 à Vienne de la reprise du championnat de Super League. C'est un peu court. Deux ans. C'est ce qu'il va falloir attendre avant la prochaine Coupe du monde. C'est un peu long.


Le rôle des programmes de match distribués à l'entrée des stades suisses, pour cette rentrée de juillet, sera plus important que jamais. Les comités, les présidents et les responsables techniques de club auront la lourde tâche de mettre en garde les spectateurs, que ce qu'ils ont vu à la télé durant le mois de juin, c'est bel et bien terminé.


Le retour à la réalité du championant suisse risque d'être plutôt saumâtre. On s'habitue vite aux contrôles réussis, aux diagonales qui tombent dans les pieds du coéquipier, aux passes précises, dans la course du partenaire qui démarre ou aux tirs cadrés. Passer d'une demi-finale Allemagne - Turquie éblouissante à un duel Lucerne - Vaduz équivaut à s'enfiler une bonne cuillère à soupe de vinaigre bon marché après s'être délecté d'un Château d'Yquem millésimé. Personne ne s'en réjouit, mais c'est comme ça tous les deux ans.


De fait, les compétitions internationales comme l'EURO ou la Coupe du monde existent pour rappeler aux supporters suisses que le football ce n'est pas seulement des équipes ronronnantes, constituées de tâcherons malhabiles et appliqués qui se battent pour déterminer qui est le moins mauvais. C'est aussi du plaisir, des gestes techniques incroyables, des actions fulgurantes sorties de manuels et des parades extraordinaires. C'est le frisson d'un stade plein qui chavire dans la joie ou la tristesse, qui se laisse aller à ses émotions, qui vit le football. Cela n'arrive en Suisse que lorsque Sion est en finale de la Coupe, pour ce qui est des émotions seulement.


De savoir ensuite si ces grands rendez-vous continentaux ou planétaires représentent une récompense pour les fans après avoir subi deux saisons de Super League, ou s'ils sont des cadeaux d'encouragement pour les deux ans à venir, la question reste posée. Dans les deux cas, les tournois internationaux sont souvent des bouffées d'oxygène pour les amoureux du beau jeu. Bien sûr, il y a eu France-Roumanie. Il y a aussi eu, dans cet EURO, des quarts de finale ou l'on s'est ennuyé comme un rat mort jusqu'à la der des der, mais au moins, l'adrénaline de l'élimination directe joue son rôle et sauve ce genre de parties. Au contraire, lorsqu'une équipe de Super League traverse le pays pour aller chercher un point en ne jouant pas, devant moins de 3000 personnes, où est l'adrénaline?


Il va donc falloir tourner la page.  Le 18 juillet, les milliers de fans hollandais seront rentrés chez eux, Arshavin aura signé en Angleterre et l'Allemagne aura peut-être accroché un titre de plus à son palmarès. Les étoiles européennes laisseront alors la place aux Bürki, Vanczak et autres Huggel, et les inconditionnels reprendront, sûrement par habitude, leurs places dans les travées de stades trop grands en attendant impatiemment l'Afrique du Sud. Putain, deux ans...
 

Par Kevin Bärtschi - Publié dans : EURO 2008
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Mercredi 25 juin 2008
Au Portugal en 2004, il y avait eu la Grèce de Rehhagel. En Suède en 1992, les Danois de Richard Möller Nielsen, déjà en vacances, rappelés de dernière minute pour remplacer la Yougoslavie interdite de compétition, avaient éclaboussé le tournoi de leur fraîcheur. Cette année, le candidat surprise pourrait être la Russie.


Bien sûr, en demi-finale, les joueurs de Guus Hiddink vont devoir se frotter à un roc, l'Espagne. C'est même une montagne  qui se dresse devant les Arshavin, Zhirkov et autres Pavlyuchenko, car la "Roja" sent aussi qu'elle peut aller au bout, elle qui n'a plus rien gagné depuis son sacre européen de 1964 chez elle. L'Espagne de Franco avait alors battu en finale l'URSS (2-1) au stade Santiago Bernabeu de Madrid. Pourtant, si la "Sbornaja" réédite le match qu'elle a livré face aux Pays-Bas en quart, rien ne l'empêche de rêver de finale.


L'importance de Semak

Plusieurs raisons rendent le sacre des Tsars possible. D'une part, les Russes n'ont rien à envier à la technique indivivuelle irréprochable des Ibères. D'ailleurs, les démonstrations lors des matches face aux Suédois et aux Bataves ont fait éclater au grand jour la sûreté des gestes techniques russes et la capacité des joueurs de l'Est à manier le ballon en pleine vitesse. Le jeu à une touche prôné par Hiddink fait merveille dans la phase offensive, en dessinant des schémas limpides qui, souvent, se terminent par une occasion dangereuse, voire un but, l'adversaire ayant été mis hors de position par la rapidité du jeu de passes.


Indispensable catalyseur et relais quasi obligé dans les transitions défense - attaque, l'ancien parisien Serguei Semak joue un rôle particulièrement important dans le dispositif russe. Capitaine de la sélection, Semak, en tant que milieu récupérateur assume également un rôle prépondérant dans l'orientation du jeu d'attaque. Souvent, par une première passe, il crée un déséquilibre dans la défense adverse. Ensuite, ses coéquipiers du milieu de terrain - Zyryanov, Semshov, ou Bilyatetdinov - exploitent ce décalage pour soit lancer Pavlyuchenko ou Arshavin dans l'axe, soit envoyer sur l'aile un des deux latéraux très rapides que sont Zhirkov ou Anyukov. En empêchant Semak de donner la première impulsion offensive au jeu russe, l'Espagne aura fait la moitié du chemin.


Une opposition tactique

Une opposition de style entre les deux prétendants à la finale devrait rendre cette demi-finale intéressante. Alors que les protégés de Luis Aragones cherchent souvent à passer par le centre et délaissent volontairement le jeu par les ailes, les Russes, au contraire, se régalent sur les extérieurs. La défense centrale russe, qui avait donné quelques signes de faiblesse lors du premier match face à ces mêmes Espagnols (défaite 4-1), s'est bien reprise dans la suite du tournoi, n'encaissant qu'un seul but en trois matches (Van Nistelrooy en quart de finale).


 Paramètre important, le championnat de Russie n'a débuté que depuis deux mois. Cet état de fait confère à l'équipe slave une fraîcheur physique que les Espagnols n'ont plus. En effet la plupart d'entre eux évoluent dans les grands championnats européens (Espagne, Angleterre) et accusent déjà tous un total de 50 à 60 matches au compteur. Les avantages des Espagnols seront plutôt à chercher dans leur expérience des rendez-vous internationaux, et la présence dans les buts d'Iker Casillas. Le gardien du Real, en plus de sa séance de tirs au but victorieuse face à l'Italie, rayonne en tant que capitaine depuis sa surface. Il donne l'assurance nécessaire à ses défenseurs pour que ceux-ci puissent aussi pousser vers l'avant.


Entre deux équipes amoureuses du beau jeu, la demi-finale de jeudi à Vienne vaudra sûrement le détour. Elle pourrait même envoyer la Russie en finale d'un tournoi d'importance majeure, exploit resté inaccessible depuis la finale de l'EURO 1988 perdue par l'URSS face à la Hollande.

Par Kevin Bärtschi - Publié dans : EURO 2008
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Lundi 23 juin 2008
Les Italiens ont fait leurs valises, la faute, d'une part, à un Iker Casillas déterminant dans la séance de tirs au but, et d'autre part à l'extinction de la bonne étoile qui brillait sur la "squadra azzurra". Avec cette élimination, plus aucun représentant du "groupe de la mort" n'est présent au stade des demi-finales.

Depuis le temps que les Italiens présentent un football calculateur, tactiqement très au point mais peu spectaculaire,  et qu'ils s'en sortent, il fallait bien que ça se termine. Face à l'Espagne dimanche soir, les Azzurri se sont contentés de tenir leur positions défensives en se remettant, devant, au seul et muet Luca Toni. Quel ennui. Oui, Pirlo était suspendu, Del Piero sur le banc et Totti à la maison. Et alors? Est-ce une raison pour interpréter devant  l'Europe entière une partition aussi carrée et dénuée d'émotion? Non, et les Italiens ont été punis.

La France, autre équipe en mal d'artistes, avait chuté dans des conditions difficiles face aux Italiens. Même si, avec Benzema, Nasri et Ribéry, l'avenir leur appartient, il a fallu que les hommes du romantique Raymond Domenech se retrouvent à 10 et menés pour qu'ils cherchent enfin à jouer au foot. Ils ont été punis.

Que dire enfin de la Roumanie? Victor Piturça et ses boys n'ont perdu qu'un match, celui qu'ils ne devaient pas perdre. Les options roumaines ultra-défensives se sont révélées efficaces face aux équipes qui ne jouent pas. Par contre, face aux remplaçants hollandais, Mutu et consorts, enfermés dans leur fortresse ont oublié de rappeler aux spectateurs qu'ils étaient les héritiers des Hagi, Popescu ou Moldovan. Ils ont été punis.

Brillant leader de ce groupe C, les Pays-Bas ont également connu l'élimination en quart de finale. Face à des Russes plus frais physiquement, plus vifs et encore plus joueurs qu'eux, les "Oranje" ont logiquement pâli lors des prolongations. "On a perdu contre meilleur que nous" explique le défenseur batave Giovanni van Bronckhorst. C'est aussi simple que ça. Dans cette optique, les Néerlandais restent pourtant les seuls du groupe  à avoir présenté du football  spectaculaire.

Mise à part la Hollande, le groupe C a profondément déçu au niveau du jeu. On s'attendait à un festin de gestes techniques, de buts. On piaffait d'impatience à l'idée d'assister à une lutte à trois pour la tête du groupe. On éspérait la Roumanie conquérante et artistique. La réalité a été toute autre et la sanction sans appel: tous à la maison!
Par Kevin Bärtschi - Publié dans : EURO 2008
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