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Vendredi 13 juin 2008

Pour chaque parcours professionnel, des objectifs sont fixés, pour une période donnée. Köbi Kuhn avait l'EURO 2008 dans le viseur. Après la défaite face à la Turquie scellant le destin de la Nati, il est déjà l'heure de tirer le bilan des sept ans qu'aura duré l'ère Kuhn.



En 2004, après l'EURO portugais, Köbi Kuhn profite déjà d'un longue expérience internationale de joueur, ainsi que de nombreuses années passées à coacher. Son but ultime: L'EURO 2008 en Suisse et en Autriche. L'objectif prioritaire à court terme: se qualifier pour la Coupe du monde en Allemagne en 2006.


Les espoirs déçus

La qualification pour le Mondial en poche, Kuhn a même réussi à hisser la Suisse en  8es de finale pour une série de tirs au but de triste mémoire face à l'Ukraine. Le peuple s'est mis à rêver: la Suisse est donc une des 16 meilleures équipes du monde, presque même dans les huit! Les projections les plus optimistes ont alors vu la Nati comme un vainqueur potentiel de son EURO. Aujourd'hui, la chute est plus dure que prévue.


Les espoirs de qulifications se sont noyés dans le déluge de Saint-Jacques et l'objectif fixé n'a pas été atteint. Ce n'était pas loin, mais... De là à dire que la copie rendue par Köbi Kuhn est insuffisante, il y a un pas qu'il faut franchir. Quatre ans de préparation pour ça! Avec entre le Portugal et Bâle, une Coupe du monde sous forme de répétition générale, deux années supplémentaires pour souder un groupe, lui donner un style solide et efficace, pour trouver les meilleures solutions; tout ce temps n'a pas suffi.

Une nouvelle génération de joueurs


Köbi en père tranquille de la nation,  n'a pourtant pas tout faux. C'est le seul entraîneur qui a qualifié la Suisse pour trois tournois majeurs (CE 2004, CM 2006 et CE 2008) même si pour 2008, le fait qu'il se tienne en Suisse a joué pour lui. L'éclosion de joueurs comme Djourou, Senderos, Gelson Fernandes ou Derdyiok c'est fait sous l'ère Kuhn, la perte du capitaine emblématique Johan Vogel aussi, et sans la manière.


Kuhn n'est sûrement pas le seul responsable, l'ASF peu aussi faire son mea culpa. Toutes les améliorations au niveau du suivi des joueurs, de la politique de formation et de l'individualisation des entraînements ont été des efforts utiles et louables. La période Kuhn a pourtant vu deux joyaux, formés en Suisse, s'envoler sous d'autres cieux. Et Dieu sait si Mladen Petric aurait été bénéfique à la pointe de l'attaque, et Ivan Rakitic au milieu du terrain.

Kuhn tirera donc sa révérence au terme de la partie face au Portugal dimanche. Une victoie de prestige pourrait clôturer son passage à la tête de l'équipe nationale et ainsi donner un signe positif à son successeur Ottmar Hitzfeld.

Par Kevin Bärtschi - Publié dans : EURO 2008
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Mardi 10 juin 2008

Chaque ville a plusieurs visages, et Zurich n'échappe pas à la règle. La Limmat, séparation naturelle, semble s'être élargie le temps de l'EURO pour opposer un peu plus le luxe et l'austérité d'une rive, à la folie et la bonne humeur contagieuse de l'autre.

Rive gauche, même si quelques stands à kebab ont fleuri près du débarcadère, la Zurich des affaires et du luxe n'a pas bronché. Ce sont toujours les costumes sombres, concentrés et silencieux et les shopping addicts, pressés de passer de boutique en boutique, qui se croisent sur la Bahnhofstrasse et qui prennent leur café sur la terrasse de pâtissiers réputés et hors de prix. Finance et luxe donnent la cadence de la rue la plus chère de Suisse. Une bonne surprise m'attendait toutefois au bout de la Frauenmünstrestraase, le marché aux plantes, véritable dépaysement et voyage au gré des senteurs de plantes aromatiques. Coloré et bruyant, le contraste était saisissant.

Il suffit pourtant d'enjamber la Limmat pour changer d'univers. La "Fan Meile", plus d'un kilomètre sur les quais, est l'espace dévolu aux supporters. On y croise des fans de toute l'Europe, parfois avinés, mais toujours festifs et débonnaires. Les petites ruelles derrière le Rathaus mènent jusqu'au Niederdorf, le quartier "chaud" de Zurich. Bars, cabarets, et stands de restauration rapide se succèdent, attirant la foule au terme des matches. Musique, chants et danse accompagnent alors les fêtards jusque tard dans la nuit alors que, de l'autre côté de la rivière, tout est éteint.

Comme dans les stades de l'EURO, les communautés distinctes aux heures de bureau se mélangent le temps de deux mi-temps. Bien sûr, certains touristes du football vont se balader jusque sur la Paradeplatz. Evidemment, certains as de la finance vont s'encanailler le temps d'une soirée dans les bars les moins fréquentables. Malgré tout, Zurich donne encore l'impression, après quatre  jours de compétition, d'une ola qui peine à démarrer et durant laquelle les invités en costume strict restent assis.

Par Kevin Bärtschi - Publié dans : EURO 2008
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Lundi 9 juin 2008

Scotland ! Scotland! Ce sont les premiers chants de supporters que l'on pouvait entendre dimanche soir dans les rues de Zurich au terme de la partie entre l'Allemagne et la Pologne. Etonnant? Pas tant que ça.

L'Ecosse n'a manqué sa qualification pour le championnat d'Europe que de peu. Troisième du groupe B qui comprenait l'Italie, la France et l'Ukraine, les coéquipiers de James MacFadden ont payé leur faux pas face à la Géorgie (défaite 2-0).  "Et on a battu la France deux fois!" explique Johnny, un solide gaillard, la quarantaine en kilt.

Les fans écossais sont prévoyants. Une bonne partie d'entre eux avaient en effet réservé leur voyage en Suisse bien avant le terme des qualifications. Même si leur pays ne fait pas partie des 16 élus, ils ont décidé d'être tout de même de la fête. Et il ont eu raison.

Même cas de figure pour huit Norvégiens, perdus dans la masse de maillots allemands, croates et polonais. Ces fans inconditionnels ont vu leur sélection nationale échouer à un petit point d'un ticket pour le tournoi austro-suisse. La Norvège a laissé sa place à la Turquie et à la Grèce.

L'ambiance dans les rues de Zurich est bon enfant et bigarrée. Français et Roumains en tête, les fans investissent les ruelles du Niederdorf et les quais le long de la Limmat. Et quand des Vikings rencontres des Highlanders, les marchands de houblon se frottent le mains!

Par Kevin Bärtschi - Publié dans : EURO 2008
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