Pour chaque parcours professionnel, des objectifs sont fixés, pour une période donnée. Köbi Kuhn avait l'EURO 2008 dans le viseur. Après la défaite face à la Turquie scellant le destin de la Nati, il est déjà l'heure de tirer le bilan des sept ans qu'aura duré l'ère Kuhn.
En 2004, après l'EURO portugais, Köbi Kuhn profite déjà d'un longue expérience internationale de joueur, ainsi que de nombreuses années passées à coacher. Son but ultime: L'EURO 2008 en Suisse et
en Autriche. L'objectif prioritaire à court terme: se qualifier pour la Coupe du monde en Allemagne en 2006.
Les espoirs déçus
La qualification pour le Mondial en poche, Kuhn a même réussi à hisser la Suisse en 8es de finale pour une série de tirs au but de triste mémoire face à l'Ukraine.
Le peuple s'est mis à rêver: la Suisse est donc une des 16 meilleures équipes du monde, presque même dans les huit! Les projections les plus optimistes ont alors vu la Nati comme un vainqueur
potentiel de son EURO. Aujourd'hui, la chute est plus dure que prévue.
Les espoirs de qulifications se sont noyés dans le déluge de Saint-Jacques et l'objectif fixé n'a pas été atteint. Ce n'était pas loin, mais... De là à dire que la copie rendue par Köbi Kuhn est
insuffisante, il y a un pas qu'il faut franchir. Quatre ans de préparation pour ça! Avec entre le Portugal et Bâle, une Coupe du monde sous forme de répétition générale, deux années
supplémentaires pour souder un groupe, lui donner un style solide et efficace, pour trouver les meilleures solutions; tout ce temps n'a pas suffi.
Une nouvelle génération de joueurs
Köbi en père tranquille de la nation, n'a pourtant pas tout faux. C'est le seul entraîneur qui a qualifié la Suisse pour trois tournois majeurs (CE 2004, CM 2006 et CE 2008) même si pour
2008, le fait qu'il se tienne en Suisse a joué pour lui. L'éclosion de joueurs comme Djourou, Senderos, Gelson Fernandes ou Derdyiok c'est fait sous l'ère Kuhn, la perte du capitaine emblématique
Johan Vogel aussi, et sans la manière.
Kuhn n'est sûrement pas le seul responsable, l'ASF peu aussi faire son mea culpa. Toutes les améliorations au niveau du suivi des joueurs, de la politique de formation et de l'individualisation
des entraînements ont été des efforts utiles et louables. La période Kuhn a pourtant vu deux joyaux, formés en Suisse, s'envoler sous d'autres cieux. Et Dieu sait si Mladen Petric aurait été
bénéfique à la pointe de l'attaque, et Ivan Rakitic au milieu du terrain.
Kuhn tirera donc sa révérence au terme de la partie face au Portugal dimanche. Une victoie de prestige pourrait clôturer son passage à la tête de l'équipe nationale et ainsi donner un signe
positif à son successeur Ottmar Hitzfeld.
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