Mercredi 17 septembre 2008
Ils n'étaient que 13 au départ du premier Vendée Globe en 1989, ils étaient 20 lors de la dernière édition. Pour le 6e tour du monde en solitaire sans escale et sans
assistance, ils seront 30 à s'élancer des Sables d'Olonne le 9 novembre prochain, record de participation.
Si la quantité est là, la qualité ne fait de loin pas défaut non plus. Entre les aventuriers de la première heure comme Loïck Peyron (Gitana Eighty), les habitués des tours du monde Dominique
Wavre et Mike Golding (7 chacun...), les valeurs sûres comme Marc Thiercelin, Jean Le Cam ou Bernard Stamm (photo: Seadated), pronostiquer un vainqueur revient à une mission
impossible.
Pour la première fois, deux anciens vainqueurs, Michel Desjoyeaux (00/01) et Vincent Riou (04/05). Signe que le Vendée Globe gagne en puissance, 20 des 30 bateaux alignés au départ ont
spécialement été construit pour cette course, cette année! Cela implique également que les budgets mis sur pieds pour les équipes visant la victoire deviennent plus solides.
Malgré cette professionalisation galopante, il reste de la place pour les navigateurs plus
modestes. A leur tête, l'Autrichien Norbert Sedlacek (56 ans). Même si le Viennois peut se targuer d'une longue expérience de navigation, il ne dispose pas des même moyens que les ténors. Sur un
bateau de 1995 qu'il a préparé lui-même pour le VG 08/09, Sedlacek devra surtout viser un retour aux Sables d'Olonne sans encombre, ce qui est déjà un exploit en soi.
Autre parent pauvre de la flotte, l'Anglais Steve White. Il a mis dix ans à réaliser son rêve d'être au départ du Vendée Globe. Pour y parvenir, il n'a pas hésité à hypothéquer sa maison et à
lourdement s'endetter, aucun sponsor n'ayant voulu le soutenir.
Premier Canadien à s'aligner dans l'épreuve, Derek Hatfield n'a pas trouvé d'entreprises prête à le soutenir. Il a donc lancé une souscription au Canada et a levé un budget suffisant grâce au
soutien financier de centaines de compatriotes. Son bateau a été naturellement baptisé "Spirit of Canada".
Un plateau de skippers exceptionnels, des bateaux à la pointe de la technologie, une organisation rôdée et performante de l'animation des pontons à la sécurité des marins, tous les ingrédients
sont réunis pour faire de cette édition du Vendée Globe une compétition de légende.
Par Kevin Bärtschi
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Gagner à tout prix. Pour atteindre ce but, les limites fixées par les règlements sont parfois franchies. Les écarts de la ligne de conduite dictée par les fédérations sont souvent manifestes mais
restent légaux.
En juillet 2007, les organisateurs suisses paraphent fièrement le protocole de la 33e Coupe de l'America. Désigné challenger of record, le Club Nautico Espanol de Vela vient juste d'être créé.
Exigeances déraisonnables, négation du fair-play, Alinghi lâche le monstre. America's Cup Management, accusé de favoriser plus que de raison le Defender se retrouve ensuite devant les juges
new-yorkais face à Larry Elison et Oracle, perdants sur l'eau. Après avoir gagné dans les vents valenciens, Alinghi s'avoue vaincu face au juge, sur le parquet des cours américaines. C'est le
règlement.
Dans le hockey suisse, le témoin à charges se nomme Reto Steinmann. En cinéphile averti - plus castagne que comédie - il dévore des yeux les bandes qu'on lui envoie et juge uniquement les
cérbères à patins trop zélés. A Genève, Chris McSorley est joueur, il flirte volontiers avec la règle. Il invective régulièrement les arbitres, joue la carte de l'ascendant psychologique.
Pourquoi pas? Pourtant, lorsqu'il se réclame 100% professionnel en demandant aux directeurs de jeu de mesurer la courbure des cannes adverses, d'autres voient en lui un profiteur indélicat. Non!
C'est le règlement.
Dans le Cirque blanc, le festival de cannes est plutôt musclé. Celles du skieur Neuchâtelois Didier Cuche l'ont porté vers un globe en descente et une grosse désillusion en super-G. Erreur de
jugement ou naïveté entendue, Swiss Ski ne freine pas Daniel Albrecht dans sa manche assassine et Cuche perd le globe pour un cheveu. Rictus des autres équipes qui admettent à mots couverts
qu'ils n'auraient pas hésité, eux. C'est encore le règlement.
Trois sports, trois façons de perdre. D'abord devant la justice, puis sur la glace en ayant essayé et finalement sans avoir recours aux subtilités du règlement. Le résultat est le même si l'on
parle de titres, il diffère si l'on parle de classe.
Par Kevin Bärtschi
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Les batailles juridiques que se
livrent actuellement Alinghi et Oracle nuisent à l'image de la Coupe. Ce duel devant les tribunaux n'est toutefois pas une première. En 1988, le Néo-Zélandais Michael Fay avait tenté de profiter
d'un flou dans le règlement pour surprendre Dennis Conner. Les Américains l'avaient tout de même emporté, plus grâce à leurs avocats qu'à leurs marins. Retour sur un épisode qui a failli coûter
cher à la Cup.
En 1983, les Etats-Unis avaient perdu le trophée pour la première fois depuis 132 ans au profit des Australiens d'Alan Bond (Australia II), un véritable drame national. Patron du syndicat
américain Liberty et barreur, Dennis Conner allait se racheter en ramenant l'aiguière de Freemantle (Aus) quatre ans plus tard (Stars & Stripes, 1987).
A peine le duel terminé, "New Zealand" défie le nouveau Defender dans une manche à l'ancienne: un contre un, au meilleur des trois manches. Profitant des largesses du Deed of Gift modifié en 1956
pour instaurer la jauge des 12m, les Kiwis se présentent avec un monstre de 38 mètres de long. Dennis Conner, et ses avocats contestent, mais la Cour Suprême de Californie autorise le maxi
néo-zélandais à courir.
Conner décide alors de faire construire un catamaran de 18 mètres pour ce duel disproportionné. Il reçoit le feu vert de la Cour. Les Néo-Zélandais demandent alors au tribunal de faire disputer
les régates en temps compensé, ce que le juge refuse. La course était alors jouée. Un simulacre de régates a bien eu lieu, le multicoque américain remportant les deux premières manches avec
respectivement 18 et 21 minutes d'avance sur l'équipage de l'hemisphère Sud.
Ce coup de lame dans la légende de la Coupe de l'America a terni l'image de la compétition. Toutefois cet épisode juridiques aura eu le mérite de déboucher sur la création d'une jauge unique: les
Class America. Au vu de la rapidité avec laquelle les technologies maritimes se développent aujourd'hui, les 20 ans qui nous séparent du bras de fer juridique de 1988 représentent peut-être la
fin d'un cycle et le début d'une nouvelle ère.
Le 33e face à face pour l'aiguière d'argent se déroulera en multicoques en mars 2009. L'endroit du duel sera choisi par Alinghi, et on peut faire confiance aux partenaires d'Ernesto Bertarelli
pour faire le choix qui donnera un avantage au défi suisse.
Par Kevin Bärtschi
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