Il est parfois des destins lourds à assumer. Roger Federer vit le sien de manière exemplaire. A la tête du tennis mondial depuis février 2004, le Bâlois affronte avec classe les revers subis
cette année dans les finales de Roland-Garros et de Wimbledon face à Rafael Nadal.
Après la fessée pour son retour sur la terre de Paris, on a craint pour lui avant le début du tournoi sur le gazon londonien. A tort. Tout comme son bourreau lors de la finale du siècle, Federer
n'a laissé échapper aucun set avant le duel face au Majorquin, réussissant même parfois à hisser son jeu au niveau qui lui avait permis de remporter les cinq derniers internationaux de
Grande-Bretagne.
En finale, dans un duel où le mental a fait la différence, le numéro un mondial a craqué. Il n'a pas su prendre les points au moment opportun et s'est fait surprendre ensuite par la volonté de
Nadal. Que les corbeaux qui décrient la condition physique du Bâlois ou son manque d'assiduité à l'entraînement se taisent. Ils ont eu la flagrante démonstration que tant techniquement,
physiquement que tactiquement, Roger Federer reste un as.
Si Rafael Nadal se repose principalement sur une forme éblouissante et des bras de déménageur, son jeu de fond de court lasse. Des courses rapides, des coups lourds et des
angles phénoménaux ennuient à la longue. Le panache a laissé la place à la puissance; l'élégante Aston Martin est tristement remplacée, le temps d'une année, par
la puissance du Hummer.
Même si la défaite du All England lui a fait mal, Federer a rassuré ses supporters quant à son jeu. Ceux qui parlent de déclin se trompent. Même s'il a sûrement besoin aujourd'hui d'un
second souffle dans sa carrière afin de surmonter les dernières déconvenues et de passer un nouveau palier, Federer n'est pas mort.
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